« Un corps c’est fait pour bouger »; Quand l’art de l’instant rencontre l’art de la perpétuité

A Saint-Denis, sous le chapiteau de l’ Académie Fratellini, Francisco s’entraîne patiemment, rigoureusement pour apprendre les bons gestes. Eric Varelas son professeur l’accompagne, pas à pas, sur le long et difficile chemin de l’équilibre  du corps en suspension. 

Francisco est dos à la caméra, dans une contorsion sa tête se renverse et fixe, droit dans les yeux, l’objectif . Francisco est contorsionniste. En 6 minutes, ce très court métrage de Audrey Espinasse et Sami Lorentz parle d’équilibre, de cette quête perpétuelle de celui qui est toujours sur le fil.

« Sur les mains » parle aussi du paradoxe du circassien : se faire mal pour parvenir à transmettre l’illusion  parfaite de la douceur et de l’aisance du geste parfait . Pourtant tout le long de ce court métrage Francisco sue, respire de plus en plus fort, tellement que celle ci occupe tout l’espace jusqu’à couvrir les efforts de ceux qui s’entraînent autour de lui. Francisco parle : il parle de son art, de sa passion, de ses échecs, de ses réussites et de ses craintes. Et quand il se tait c’est son corps qui s’exprime, un corps sublimé par la lumière et la proximité de l’objectif.

Lucien Rault

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