La contraception : Un combat de femmes et d’hommes ?

Samedi matin, à la suite de la projection, la réalisatrice Marie-Laurence Rincé répond aux questions des spectateurs. Parmi celles-ci, des incompréhensions résonnent sur le choix de faire un film sur la contraception en se focalisant sur le parcours de 4 hommes. Expliquant que l’intention n’était pas d’occulter les engagements et combats menés par les femmes, l’idée était de mettre en lumière le cheminement vers la légalisation de la contraception par le travail et le dévouement politique, journaliste et médical de 4 hommes.

Pilule quand les hommes faisaient la loi, un documentaire historique retraçant la légalisation de la contraception en France, il y a 50 ans, à travers les parcours et les engagements de 4 hommes. Le député Lucien Neuwirth, les gynécologues Pierre Simon et Henri Fabre et le journaliste Jacques Derogy.

( Voir la fiche du film sur : https://festivalfilmeduc.net/films/pilule-quand-les-hommes-faisaient-la-loi/)

La loi de 1920 : La contraception interdite

La loi de 1920 interdit en France la production et la délivrance de la contraception. Les femmes vivent pour beaucoup dans la hantise de tomber enceinte. Le traumatisme de la fin de la Première Guerre Mondiale plonge la France dans un déficit des natalités, l’interdiction de la contraception est alors perçue comme une manière de pousser les femmes à faire des enfants, pour reconstruire la population et l’armée.

La femme est à l’époque avant tout une mère. Une femme déclare avoir reçu comme conseil après avoir eu 8 enfants à seulement 30 ans « il faut se négliger pour éloigner son mari ».

Le combat de 4 hommes

Lucien Neuwirth, surnommé le « fossoyeur de la France », entame un combat pour la suppression de la loi de 1920 et la légalisation de la contraception. Deux gynécologues, Pierre Simon et Henri Fabre constatent les conséquences directes des grossesses non désirées et des avortements clandestins. Le combat de ces deux médecins est notamment passé par la formation des étudiants et des professionnels de santé à la contraception, par la pratique d’accouchements sans douleur. Des accouchements s’opposant ainsi au précept religieux « tu enfanteras dans la douleur ». La femme ne doit plus souffrir de l’exercice de sa sexualité.

Face à une opposition très forte, des réseaux clandestins de contraception provenaient de Londres pour arriver à Genève et en France.

Jacques Derogy, un journaliste communiste travaillant chez Libération participe à l’éveil des consciences par le biais de la presse. Dans le cadre d’une enquête sur les grossesses non désirées et les avortements clandestins, il couche dans les pages de Libération des témoignages poignant retraçant la réalité des femmes.

La contraception, un combat de femmes ?

Face à une France jugée en retard par rapport à d’autres pays, la proposition d’une loi est rédigée. A cela Charles de Gaulle répondra « transmettre la vie c’est important. Cela doit être un choix lucide ». Après les débats à l’Assemblée Nationale le 1er juillet 1967, la loi autorisant la contraception est adoptée le 19 décembre 1967. Il faudra attendre 5 années pour qu’elle soit véritablement en vigueur.

Clara Daver

 

 

 

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